Par L’express.fr
Jean-François Fortin, président du club du Stade Malherbe Caen: “Rien de tel qu’une ambiance conviviale pour se rencontrer, discuter… et finir, tout naturellement, par signer des contrats.”
La tribune présidentielle du stade Michel-d’Ornano est le lieu de rencontre favori des hommes d’affaires et du monde politique.
Le rituel est immuable: un samedi sur deux, une heure avant le début du match et juste après le coup de sifflet final, une cohorte de cadres, de chefs d’entreprise et de personnalités envahit la tribune présidentielle du stade Michel-d’Ornano. Là, dans les discrètes et confortables loges privées avec vue imprenable sur le rectangle vert, on sirote quelques coupes de champagne, on parle un peu de football. Et beaucoup de business.
Au club de football du Stade Malherbe Caen, sport et affaires font bon ménage. Un mélange des genres parfaitement assumé. “Le stade est le lieu de rencontre des principaux décideurs, admet Jean-François Fortin, président du club et PDG des Maîtres laitiers du Cotentin. Rien de tel qu’une ambiance conviviale pour se rencontrer, discuter… et finir, tout naturellement, par signer des contrats.” A bien y regarder, l’actionnariat du club ressemble à s’y méprendre à une liste de dirigeants d’une chambre de commerce. Outre Jean-François Fortin, le directoire du club comprend Michel Besneville, dirigeant d’un groupe hôtelier, et Gilles Sergent, influent patron du Medef. Quant au conseil de surveillance, il réunit un influent réseau de patrons locaux: Stéphane Hamelin, l’un des leaders européens de la papeterie, Laurent Batteur, patron du groupe pharmaceutique Batteur, Jacques et Pierre Esnée, actionnaires du groupe Accor et propriétaires d’hôtels et de restaurants, Thierry Dupont, PDG de l’entreprise Frial, Marc Deschamps, patron de la caisse régionale du Crédit agricole, ou encore Thomas Michel, président d’Eurologistic. Et la liste est loin d’être exhaustive! Depuis la remontée de l’équipe de football en Ligue 1, le club a encore intensifié son rôle de plaque tournante. Les cartes de visite s’échangent plus que jamais, une écharpe rouge et bleu sur les épaules. Avocats, notaires et assureurs viennent y chercher de nouveaux clients; quelques promoteurs immobiliers, tels Fabrice Jurzak, Yves Rufa ou Didier Webre, fréquentent aussi les lieux. “C’est l’endroit idéal pour tisser des relations, dans une ambiance décontractée, sans costume ni cravate”, confirme Gilles Sergent. Les hommes politiques, eux aussi, ont compris tout l’intérêt qu’ils avaient à fréquenter les tribunes. On y croise le sénateur (UMP) René Garrec, le maire (PS) de Ouistreham, André Ledran, et une bonne partie du conseil municipal caennais. Mais le plus assidu est Philippe Duron. “Il n’a dû manquer que deux ou trois rencontres cette année, s’amuse Jean-François Fortin. Pourtant, avant de devenir président de région, je ne crois pas qu’il connaissait grand-chose au football…” Au cours de la saison dernière, le maire de Caen organisait carrément des rencontres thématiques régulières ouvertes aux chefs d’entreprise dans les salons du stade. Une façon agréable et plutôt efficace de mener campagne.
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