PARIS (AFP) — Les athlètes français ne pourront pas arborer le badge “Pour un monde meilleur”, censé montrer leur attachement aux droits de l’Homme lors des jeux Olympiques de Pékin, a annoncé lundi soir le président du Comité olympique et sportif (CNOSF) Henri Sérandour.
Cette interdiction a été qualifiée mardi de “regrettable” par Bernard Laporte le secrétaire d’Etat aux Sports, et de “décevante, un peu affligeante” par Robert Ménard, le secrétaire général de Reporters sans Frontières (RSF).
Le 4 avril, les athlètes français avaient annoncé leur intention d’arborer un badge de forme ronde, avec un slogan “Pour un monde meilleur”, orné des anneaux olympiques et du mot France, à l’occasion des Jeux de Pékin.
“On ne peut pas mettre un badge pour la cause d’untel, un badge pour une autre cause”, a déclaré sur l’Equipe TV lundi soir Henri Sérandour, qui a rencontré le président du Comité international olympique (CIO), Jacques Rogge, à Pékin la semaine dernière.
“On va respecter la charte qui est: aucune manifestation tangible de quoi que ce soit pendant les manifestations sportives et pendant le défilé des cérémonies d’ouverture et de clôture”, a-t-il ajouté.
Cette interdiction intervient alors que le CNOSF avait apporté un franc soutien à l’initiative des athlètes, affirmant dès le 4 avril sur son site internet, avoir “validé la démarche de ses athlètes car elle s’inscrit dans un contexte positif illustratif des idéaux de l’olympisme”.
La page a été remplacée mardi matin par un long article intitulé “jeux Olympiques de Pékin: la position du CNOSF”, rappelant notamment que l’article 51 de la Charte olympique stipule qu’”aucune démonstration ou propagande politique, religieuse ou raciale n’est autorisée dans les enceintes olympiques”. “Le CNOSF veillera au respect de cet article au sein de la délégation française.”
“Je trouve regrettable que l’on interdise de porter ce badge”, a déclaré le secrétaire d’Etat aux sports, Bernard Laporte sur Radio Classique. “Moi, je trouvais ce badge pas très agressif, il n’attaquait ni la Chine, ni rien, il reprenait une phrase de l’olympisme +pour un monde meilleur+ et les anneaux”, a-t-il poursuivi.
M. Laporte a estimé qu’”il aurait été préférable de demander l’avis du CIO avant” de lancer l’idée.
“Faut pas aller aux JO, pour ceux qui veulent vraiment porter le badge”, a encore dit le secrétaire d’Etat, invitant “à arrêter de se servir” des athlètes.
Le secrétaire général de RSF Robert Ménard a lui jugé sur Europe 1 l’interdiction “décevante et un peu affligeante”.
“Si le mouvement olympique ne veut rien faire, n’est pas capable du moindre courage par rapport aux autorités chinoises, il faut que les athlètes français en fassent preuve d’un peu plus” et portent le badge, a-t-il dit.
“Est-ce qu’on va capituler en rase campagne devant les exigences et le peu de courage du mouvement olympique ou est-ce qu’on va passer outre les décisions de M. Sérandour et du Comité international olympique ?”, s’est-il interrogé.
Sollicité mardi matin par l’AFP, David Douillet, président de la Commission des athlètes au CNOSF, qui avait arboré le badge lors du relais de la flamme olympique le 7 avril à Paris, a fait savoir qu’il ne souhaitait pas réagir “pour le moment”.
Le double champion olympique de judo doit être reçu mardi (16h00) par Nicolas Sarkozy à l’Elysée, pour un rendez-vous qui figure à l’agenda présidentiel.

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