Archive pour mars 2008

Sport et Relations Internationales, rien de nouveau…

Nul doute que les compétitions sportives, et en particulier les Jeux Olympiques, reflètent la réalité du monde et constituent un microcosme des relations internationales“. 

Juan Antonio Samaranch, Congrès de Neuchâtel, le 25 novembre 1975.

La plupart des dirigeants mondiaux contre un boycottage des JO malgré le Tibet

LONDRES (AFP) — La plupart des responsables politiques et sportifs mondiaux sont déterminés à maintenir une participation complète aux JO de Pékin, même si le président français Nicolas Sarkozy n’a pas exclu mardi une éventuelle mesure de boycottage pour protester contre la répression au Tibet.

“Toutes les options sont ouvertes”, a dit Nicolas Sarkozy au sujet d’un boycottage de la cérémonie d’ouverture, appelant “au sens de la responsabilité des dirigeants chinois”. Son secrétaire d’Etat aux Sports, Bernard Laporte, a indiqué qu’il n’était “pas contre” ce boycottage tandis que sa secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme, Rama Yade, estimait qu’à défaut d’efforts de la Chine au Tibet, il faudrait l’”envisager sérieusement”.

Cette porte laissée ouverte par les autorités françaises à un éventuel boycottage partiel des JO tranche avec les positions ces derniers jours des gouvernants à travers le monde.

Seul le président du Parlement européen, l’Allemand Hans Gert Pöttering, a estimé dimanche “justifié” de prendre des “mesures de boycottage”.

La Maison Blanche a réaffirmé mardi que le président George W. Bush, silencieux sur les événements au Tibet, voulait toujours assister aux JO. “Non”, il n’a pas commencé à reconsidérer sa décision, a dit sa porte-parole Dana Perino. La présidente de la Chambre des représentants américaine, Nancy Pelosi, s’est déclarée mardi à nouveau opposée à un boycottage des Jeux Olympiques de Pékin. “Je ne suis pas favorable à un boycottage des Jeux Olympiques. Les Jeux sont un événement sportif,” a déclaré Mme Pelosi, l’une des personnalités américaines les plus dures à l’égard de la Chine en matière des droits de l’Homme.

Le Premier ministre britannique Gordon Brown compte assister à la cérémonie de clôture, a indiqué Downing street. Le Prince Charles, héritier de la couronne, a déjà indiqué qu’il n’irait pas à la cérémonie d’ouverture.

En Autriche, la participation du secrétaire d’Etat aux Sports Reinhold Lopatka à la cérémonie d’ouverture des JO “est prévue, mais pourrait être reconsidérée en fonction de l’évolution de la situation ou d’une prise de position commune de l’UE”, a indiqué son porte-parole.

La Commission européenne a cependant rejeté tout boycottage, tout en appelant la Chine à faire preuve de retenue au Tibet.

Au Japon, le ministre des Affaires étrangères Masahiko Komura a demandé à la Chine de ne rien faire qui mette en danger les JO tandis que le gouverneur de Tokyo Shintaro Ishihara précisait n’avoir pas encore décidé s’il assisterait au lancement des Jeux.

Le ministre australien des Affaires étrangères Stephen Smith a rejeté tout boycottage.

Le gouvernement grec a estimé que la question d’un boycottage ne se posait pas pour le moment. En tant que berceau de l’olympisme et dernier organisateur des jeux d’été, le pays a largement coopéré avec la Chine.

En Italie où des élections législatives sont prévues mi-avril, les deux principaux dirigeants politiques Silvio Berlusconi (droite) et Walter Veltroni (gauche) ont apporté leur soutien aux moines tibétains sans évoquer les JO.

Le gouvernement du Portugal sera représenté à la cérémonie d’ouverture par le ministre d’Etat Pedro Silva Pereira et par le secrétaire d’Etat aux Sports Laurentino Dias.

En Pologne, les dirigeants politiques conservent le silence, à part le président du Sénat Bogdan Borusewicz qui s’est dit en faveur d’un éventuel boycottage de la cérémonie d’ouverture qui a un “caractère politique et non pas sportif”.

Du côté des autorités sportives, l’opportunité d’un boycottage total ou partiel des Jeux était également rejetée.

Le président du comité international olympique (CIO) Jacques Rogge a souligné lundi qu’il ne voyait pas “d’élan” international pour un boycottage.

En Pologne, les sportifs seront libres de participer ou non à la cérémonie d’ouverture tandis qu’en Espagne, les organisations sportives ont souligné qu’aucun sportif n’avait pris publiquement position en matière de boycottage.

Les comités olympiques allemand, slovaque et portugais ont également l’intention d’envoyer leur équipe nationale à Pékin.

En Amérique du Sud, les présidents des comités olympiques argentin, Julio Cassanello, et uruguayéen, Julio Cesar Maglione, ont également affirmé qu’ils étaient contre le boycottage.

Enfin, le maire de Prague, Pavel Bem, n’ira pas aux JO de Pékin en raison des événements au Tibet, malgré la candidature de la capitale tchèque pour l’organisation des Jeux d’été 2016.

Sport et Politique

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Une nouvelle vient de tomber: le nageur serbe Milorad Cavic est suspendu des championnats d’Europe de natation pour avoir porté un T-shirt indiquant “le Kosovo est serbe“.

Tout d’abord, le Kosovo a été reconnu pour le moment par à peine plus de 30 Etats sur quelques 190 que la planète compte actuellement. Ce qui n’est pas beaucoup.

Ensuite, cet événement indique clairement que l’Europe souhaite éviter de mélanger sport et politique. Et pourtant…

Il est ironique que la chose se produise au moment même où des voix s’élèvent pour boycotter les Jeux Olympiques de Pékin. Car dans le second cas, l’Europe mêle, bel et bien, une manifestation sportive avec des considérations politiques.

Comment expliquer que la chose soit légitime dans un cas, mais pas dans l’autre? 

Le sportif “coupable” n’a fait qu’afficher son opinion. Les sportifs se sont déjà servis de leur médiatisation pour faire passer un message politique: souvenons nous de ces coureurs levant le poing ganté de noirs aux Jeux Olympiques de Mexico en 1968 (en photo).

S’il est légitime de lier les JO de Pékin avec le respect des Droits de l’Homme par la Chine, il serait hypocrite de refuser à un sportif serbe de s’exprimer. C’est un geste venant du coeur, ne comportant ni violence, ni haine, ni bellicisme. Ce geste paraît presque enfantin face à la violence des stades de football et du racisme de certains supporters. Ne faudrait-il pas plutôt l’encourager?

Par Courrier International

Les appels au boycott politique des JO de Pékin se font plus pressants

LEMONDE.FR avec AFP |
Les ONG demandent aux politiques de “boycotter la cérémonie d’ouverture”
Le secrétaire générale de Reporters sans frontières, Robert Ménard, mardi 18 mars, à Paris. | AFP/BERTRAND GUAY
Le secrétaire générale de Reporters sans frontières, Robert Ménard, mardi 18 mars, à Paris.AFP/BERTRAND GUAY

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Rares sont les responsables politiques ou sportifs qui ont évoqué publiquement la possibilité de boycotter les Jeux olympiques de Pékin depuis les manifestations qui ont dégénéré en violence au Tibet. Les appels à ne pas participer au rassemblement sportif ont le plus souvent émané d’associations de droits humains et de soutien au Tibet, et datent d’avant le début des incidents. Mais depuis le commencement de la crise, la participation sportive et la présence politique aux JO comme moyen de pression sur le régime communiste sont devenues un sujet que les responsables mondiaux se doivent de commenter.
Reporters sans frontières, qui rappelle avoir été opposé “dès le début à l’attribution des JO à Pékin”, demande un boycott politique plutôt que sportif, estimant qu’un boycott total “n’est plus à l’ordre du jour” car il est impossible de demander “à quatre mois des JO aux sportifs de ne pas aller à Pékin”. En revanche, son président, Robert Ménard, estime que “Nicolas Sarkozy, comme tous les chefs d’Etat et de gouvernement”, doit “boycotter la cérémonie d’ouverture” pour envoyer un signal fort.
Human Rights Watch a adopté la même position. L’organisation écarte tout boycott sportif et demande au gouvernements “d’exiger une amélioration [des autorités chinoises] avant de s’engager à venir aux Jeux”. “Ils ne doivent pas par leur présence cautionner la répression chinoise”, a maintenu son chef, Kenneth Roth.
En France, quelques responsables politiques, comme Jack Lang et le secrétaire général du PS, François Hollande, ont pris le contrepied du gouvernement en déclarant qu’il ne fallait pas écarter cette éventualité de ne pas participer aux Jeux. Des intellectuels comme Bernard-Henri Lévy ont également défendu le recours au boycottage. Le sénateur Robert Badinter a, lui, imaginé que les athlètes arborent des badges de soutien au Tibet, estimant que “cela aurait un impact considérable”.
Seul haut responsable européen à avoir évoqué clairement l’hypothèse d’une non-présence aux JO, le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, a affirmé que Bruxelles “ne [pouvait] pas accepter ce qui se passe au Tibet. Les Chinois doivent comprendre cela”. “Nous devons adresser un signal à Pékin (…), il faut continuer à envisager toutes les options.”
A l’étranger, outre l’acteur Richard Gere, défenseur de longue date des droits des Tibétains, une des rares voix discordantes vient de Ma Yong-Jeou, le favori à l’élection présidentielle à Taïwan. Il a laissé entendre que s’il était élu, il pourrait appeler au boycottage. “Si les autorités chinoises poursuivent leur répression contre les Tibétains et si la situation se dégrade, et si je suis élu au poste de président, je n’écarte pas la possibilité de ne pas envoyer d’athlètes aux Jeux olympiques”, a-t-il déclaré. Et dans le monde sportif, unanimement opposé à une telle idée, seul le Comité olympique suisse a élevé le ton. “Nous ne pouvons pas nous contenter d’observer et de ne rien dire”, a-t-il fait savoir.
Même au sein des Tibétains, la question du boycott fait débat. Le dalaï-lama a publiquement appelé à participer au JO, alors que certains responsables de communautés tibétaines exilées proposent de les organiser dans un autre pays. “Le mieux serait que les Jeux soient transférés dans un pays où les droits humains sont respectés”, a ainsi estimé Lhanzom Everding, président de l’association des Tibétains exilés en Allemagne.

Football Ligue des Champions – Lyon n’a pas rugi

Eurosport - Maxime DUPUIS 
Football Ligue des Champions Lyon n'a pas rugi
Obligé de marquer à Manchester pour entrevoir les quarts de finale, l’OL ne s’est jamais lâché et a logiquement quitté la Ligue des Champions. Venus à Old Trafford pour réaliser un exploit retentissant, les joueurs d’Alain Perrin en sont repartis avec une défaite (1-0) et des regrets.
Voilà, c’est fini. L’Olympique Lyonnais est sorti de la Ligue des Champions. Pas par la petite porte car Manchester United est loin d’être le premier venu sur le concert européen. Mais sans passion. Et c’est peut-être bien pire que tout. Mardi soir sur la pelouse du Théâtre des Rêves, les joueurs d’Alain Perrin ont été battus 1-0 par des Red Devils loin d’être diaboliques. Et les Lyonnais se sont contentés de protéger un avantage qu’ils… n’avaient pourtant plus depuis la 86e minute du match aller. Durant une bonne partie de la rencontre, les sextuples champions de France se sont appliqués à tenir en respect les stars mancuniennes. Si la tactique mise en place par le staff rhodanien avait un sens en début de match et paraissait la seule viable pour ce type de rencontre et face à ce genre d’adversaire, elle a perdu de sa cohérence au fil du temps.Après le but de Cristiano Ronaldo (41e), les Lyonnais ont continué sur le même tempo, espérant profiter d’un contre et d’une erreur d’inattention qui n’est finalement jamais venue. La triplette Govou-Ben Arfa-Benzema n’a que trop peu pesé sur la défense de Manchester United. Jamais l’OL n’a su troquer son maillot noir – comme le deuil – contre un habit de lumière. Jamais l’étincelle n’est venue d’une équipe qui n’a fait que calculer durant quatre-vingt-dix minutes. Il y a bien eu ce tir sur le poteau de Kader Keita (74e). Mais cet éclair est finalement anecdotique.

“On aurait pu plus attaquer”

“C’est un match qui nous laisse quelques regrets : ce but concédé avant la mi-temps, ce poteau qui est un tournant… On a fait une bonne seconde période, mais on n’a pas réussi à trouver l’ouverture”, analyse Alain Perrin. Si l’on peut regretter que l’OL n’ait pas poussé Manchester à la faute, l’entraîneur rhodanien juge simplement qu’il a manqué à ses joueurs “ce petit facteur réussite dans nos actions offensives. En première période, on était bien en place, mais on prend ce but sur un cafouillage. On voulait sortir davantage.” Mais Lyon n’a pas pu. Pris entre deux eaux, entre le marteau et l’enclume, logiquement craintif et soucieux de ne pas laisser d’espaces aux flèches rouges, l’OL aurait quand même dû se lâcher à un moment où à un autre. 1-0 ou 2-0, l’épilogue était le même.

A demi-mot, Karim Benzema abonde dans ce sens. Même si lui aussi pense que Lyon “a un fait un gros match”, l’international français reconnait que Lyon “aurait pu plus attaquer.” Sir Alex Ferguson est sur la même longueur d’onde. “Même s’il a fallu vivre sur les nerfs jusqu’au bout, en fin de compte, on a eu plus d’occasions nettes qu’eux. A part le tir de Keita sur le poteau, ils n’ont eu aucune occasion.” Finalement, Jean-Michel Aulas avait raison. Le président de l’OL avait annoncé samedi qu’il “faudrait une catastrophe pour que Manchester ne se qualifie pas”. Comme JMA l’avait prévu, MU a validé son billet pour les quarts de finale. Mais il est rageant de constater que la différence entre Manchester et Lyon n’a pas été aussi nette que le statut des deux clubs le laissait présager avant cette double confrontation.

Désormais, il va falloir digérer ce deuxième échec de rang au stade des huitièmes de finale. Et au plus vite puisque Bordeaux débarque à Gerland pas plus tard que dimanche. “Il faut tourner la page. Nous connaissions la difficulté de cette double confrontation. La qualification contre Manchester aurait été un exploit. L’élimination n’est pas grave en soi, tempère Alain Perrin. Nous verrons si l’équipe est capable de la digérer pour se concentrer sur les objectifs qu’il lui reste.” L’an passé à la même époque, l’échec face à la Roma avait contribué à transformer la fin de saison en épreuve pénible. Si l’écart avec le Racing Club de Lens avait permis à l’OL de se relâcher et terminer en roue libre, le leader du Championnat de France ne bénéficie pas des mêmes largesses cette saison. Bordeaux pourrait bien le lui rappeler dimanche.

Municipales : il va y avoir du sport !

Par Metro – R. Moncla 

Les sportifs n’ont jamais été aussi nombreux dans la campagne municipale

La judoka Frédérique Jossinet à Paris. Jean-Luc Moudenc et Fabien Pelous à Toulouse.  La judoka Frédérique Jossinet à Paris. Jean-Luc Moudenc et Fabien Pelous à Toulouse.  Photo: DR

Quelle mouche les a donc piqués ? Les athlètes avaient toujours semblé frileux, voir allergiques à la chose politique. Invités à donner leur avis sur l’actualité, ils avaient coutume de botter en touche en se retranchant derrière un argument massue : “Je suis sportif. Je ne fais pas de politique.” Le refrain a pris du plomb dans l’aile depuis quelques semaines.

Déjà en première ligne durant la dernière présidentielle, ils sont nombreux à avoir délaissé leur terrain de jeu habituel pour se risquer dans la mêlée des municipales. Parfois comme simple soutien “médiatique” ou pour intégrer une liste électorale. Parmi ces nouveaux convertis figurent beaucoup de rugbymen, une poignée de joueurs de foot, des retraités, et même des entraîneurs… qui ont décidé de tomber le masque et de se retrousser les manches pour participer à la vie de la cité.

“Ce n’est pas juste une image que j’apporte”, précise Patrice Estanguet, champion olympique de canoë à Atlanta (1996), qui a rejoint l’équipe de François Bayrou (Modem) à Pau. “Au départ, on m’a sollicité, c’est vrai, mais je suis là pour être utile”, rappelle aussitôt l’ancien conseiller municipal d’André Labarrère. Les sportifs veulent apporter des idées, défendre des dossiers et plus seulement servir de caution à un candidat. “Je voulais être actrice de ce qui se passe dans ma ville. Etre proche des gens” confie la judoka, Frédérique Jossinet, en position éligible sur la liste PS dans le XIe arrondissement de Paris. 

Rester à l’écart des partis
Tout jeune retraité international, le 2e ligne du Stade Toulousain Fabien Pelous, entend lui aussi “s’occuper des autres”, avec le maire sortant Jean-Luc Moudenc mais sans être encarté. “La liste est composée à 50% de gens issus de la vie civile”, précise l’ex-capitaine du XV de France. C’est une des raisons de ma présence. Sinon je n’y aurais pas été.

Cette méfiance pour les appareils et les partis, Patrice Estanguet la partage aussi : “J’ai des convictions mais je n’aime pas le côté partisan. Aujourd’hui, je garde une certaine liberté de parole et ça me va bien”, concède le Béarnais. “Je savais que ce monde n’était pas très fair-play mais il m’arrive d’être choqué. Pour gagner, certains n’hésitent pas à mettre leurs adversaires plus bas que terre”, déplore la reine des tatamis Frédérique Jossinet.