Les ONG dénoncent les abus systématiques des droits de l’homme durant les JO de Pékin

Agées de 79 et 77 ans, Wu Dianyuan et Wang Xiuying avaient ému l’opinion internationale lors des Jeux olympiques de Pékin après leur condamnation à un an de camp de rééducation par le travail pour avoir sollicité un permis de manifester dans les « zones de protestation » désignées à cet effet par la municipalité. Il y a quelques semaines, les deux dames ont adressé à Human Rights In China (HRIC), l’ONG de défense des droits de l’homme en Chine basée à Hongkong, une lettre destinée à ceux qui les avaient soutenues : la décision administrative de les envoyer en camp avait été annulée.

Cette mansuétude est une exception. Le 23 septembre, Li Xueli, un pétitionnaire du Henan qui avait lui aussi demandé à utiliser les « zones de protestation » a été envoyé six mois en camp de rééducation par le travail, selon China Human Rights Defenders (CHRD). Trois jours après, les proches d’un autre demandeur de permis, Ji Sizun, étaient informés que le militant du Fujian, disparu depuis le 11 août, avait bien été arrêté.

Un mois et demi après la clôture des Jeux de Pékin, les associations de défense des droits de l’homme – toutes basées à l’étranger – dressent un bilan plus complet de ce qui a pu arriver aux militants ou pétitionnaires que les autorités avaient jugés bon de « neutraliser » dans ce que CRHD qualifie « d’abus des droits de l’homme systématiques, directement liés aux Jeux ».

« Disparue » pendant les Jeux, Zeng Jinyan, l’épouse du militant des droits de l’homme emprisonné Hu Jia, a été isolée dans un hôtel à Dalian pendant dix jours. Malade, elle a été autorisée à rentrer chez elle avec son bébé avant la fin des JO, mais avec l’interdiction formelle d’entrer en contact avec l’extérieur, a-t-elle expliqué au Monde. Surveillée, elle a reçu des coups de téléphone pour la dissuader de parler à la presse.

Hu Jia fait partie des possibles lauréats du Prix Nobel de la paix décerné le 10 octobre. Zeng Jinyan a rendu visite à son mari le 25 septembre, à la prison de Chao Bai, à Tianjin où il partage une cellule avec d’autres détenus. Il a été placé en confinement solitaire le 13 août, menotté et les fers aux pieds, pour avoir défendu son droit d’expression. « La direction de la prison ne voit pas d’un bon oeil les conseils qu’il donne sur les droits de l’homme en prison », dit son avocat, Li Fangping.

Quant à l’avocat Gao Zhisheng, lui aussi nobélisable, ses confrères sont sans nouvelle de lui depuis des mois. Selon la presse du Falun Gong, le mouvement religieux dont l’avocat avait entrepris de défendre les membres persécutés en Chine, il aurait été emmené de chez lui, où il était assigné à résidence, le 7 août, puis torturé. Des accusations non confirmées à ce jour.

Brice Pedroletti – Le Monde – 7/10/2008

Dessin de Raoul Bunzine

Un samedi soir en tribune

Par L’express.fr

 

Jean-François Fortin, président du club du Stade Malherbe Caen: « Rien de tel qu’une ambiance conviviale pour se rencontrer, discuter… et finir, tout naturellement, par signer des contrats. »

La tribune présidentielle du stade Michel-d’Ornano est le lieu de rencontre favori des hommes d’affaires et du monde politique.

Le rituel est immuable: un samedi sur deux, une heure avant le début du match et juste après le coup de sifflet final, une cohorte de cadres, de chefs d’entreprise et de personnalités envahit la tribune présidentielle du stade Michel-d’Ornano. Là, dans les discrètes et confortables loges privées avec vue imprenable sur le rectangle vert, on sirote quelques coupes de champagne, on parle un peu de football. Et beaucoup de business.

Au club de football du Stade Malherbe Caen, sport et affaires font bon ménage. Un mélange des genres parfaitement assumé. « Le stade est le lieu de rencontre des principaux décideurs, admet Jean-François Fortin, président du club et PDG des Maîtres laitiers du Cotentin. Rien de tel qu’une ambiance conviviale pour se rencontrer, discuter… et finir, tout naturellement, par signer des contrats. » A bien y regarder, l’actionnariat du club ressemble à s’y méprendre à une liste de dirigeants d’une chambre de commerce. Outre Jean-François Fortin, le directoire du club comprend Michel Besneville, dirigeant d’un groupe hôtelier, et Gilles Sergent, influent patron du Medef. Quant au conseil de surveillance, il réunit un influent réseau de patrons locaux: Stéphane Hamelin, l’un des leaders européens de la papeterie, Laurent Batteur, patron du groupe pharmaceutique Batteur, Jacques et Pierre Esnée, actionnaires du groupe Accor et propriétaires d’hôtels et de restaurants, Thierry Dupont, PDG de l’entreprise Frial, Marc Deschamps, patron de la caisse régionale du Crédit agricole, ou encore Thomas Michel, président d’Eurologistic. Et la liste est loin d’être exhaustive! Depuis la remontée de l’équipe de football en Ligue 1, le club a encore intensifié son rôle de plaque tournante. Les cartes de visite s’échangent plus que jamais, une écharpe rouge et bleu sur les épaules. Avocats, notaires et assureurs viennent y chercher de nouveaux clients; quelques promoteurs immobiliers, tels Fabrice Jurzak, Yves Rufa ou Didier Webre, fréquentent aussi les lieux. « C’est l’endroit idéal pour tisser des relations, dans une ambiance décontractée, sans costume ni cravate », confirme Gilles Sergent. Les hommes politiques, eux aussi, ont compris tout l’intérêt qu’ils avaient à fréquenter les tribunes. On y croise le sénateur (UMP) René Garrec, le maire (PS) de Ouistreham, André Ledran, et une bonne partie du conseil municipal caennais. Mais le plus assidu est Philippe Duron. « Il n’a dû manquer que deux ou trois rencontres cette année, s’amuse Jean-François Fortin. Pourtant, avant de devenir président de région, je ne crois pas qu’il connaissait grand-chose au football… » Au cours de la saison dernière, le maire de Caen organisait carrément des rencontres thématiques régulières ouvertes aux chefs d’entreprise dans les salons du stade. Une façon agréable et plutôt efficace de mener campagne.

L’Express.fr

Lance Armstrong is back… Good or bad news?

Lance Armstrong, septuple vainqueur de la grande boucle a décidé de faire son come-back dans le peloton.

Bonne ou mauvaise nouvelle pour le cyclisme et le sport en général ?

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Blachon, juste pour sourire…

JO: pas de badge « Pour un monde meilleur » pour les athlètes français

PARIS (AFP) — Les athlètes français ne pourront pas arborer le badge « Pour un monde meilleur », censé montrer leur attachement aux droits de l’Homme lors des jeux Olympiques de Pékin, a annoncé lundi soir le président du Comité olympique et sportif (CNOSF) Henri Sérandour.

Cette interdiction a été qualifiée mardi de « regrettable » par Bernard Laporte le secrétaire d’Etat aux Sports, et de « décevante, un peu affligeante » par Robert Ménard, le secrétaire général de Reporters sans Frontières (RSF).

Le 4 avril, les athlètes français avaient annoncé leur intention d’arborer un badge de forme ronde, avec un slogan « Pour un monde meilleur », orné des anneaux olympiques et du mot France, à l’occasion des Jeux de Pékin.

« On ne peut pas mettre un badge pour la cause d’untel, un badge pour une autre cause », a déclaré sur l’Equipe TV lundi soir Henri Sérandour, qui a rencontré le président du Comité international olympique (CIO), Jacques Rogge, à Pékin la semaine dernière.

« On va respecter la charte qui est: aucune manifestation tangible de quoi que ce soit pendant les manifestations sportives et pendant le défilé des cérémonies d’ouverture et de clôture », a-t-il ajouté.

Cette interdiction intervient alors que le CNOSF avait apporté un franc soutien à l’initiative des athlètes, affirmant dès le 4 avril sur son site internet, avoir « validé la démarche de ses athlètes car elle s’inscrit dans un contexte positif illustratif des idéaux de l’olympisme ».

La page a été remplacée mardi matin par un long article intitulé « jeux Olympiques de Pékin: la position du CNOSF », rappelant notamment que l’article 51 de la Charte olympique stipule qu’ »aucune démonstration ou propagande politique, religieuse ou raciale n’est autorisée dans les enceintes olympiques ». « Le CNOSF veillera au respect de cet article au sein de la délégation française. »

« Je trouve regrettable que l’on interdise de porter ce badge », a déclaré le secrétaire d’Etat aux sports, Bernard Laporte sur Radio Classique. « Moi, je trouvais ce badge pas très agressif, il n’attaquait ni la Chine, ni rien, il reprenait une phrase de l’olympisme +pour un monde meilleur+ et les anneaux », a-t-il poursuivi.

M. Laporte a estimé qu’ »il aurait été préférable de demander l’avis du CIO avant » de lancer l’idée.

« Faut pas aller aux JO, pour ceux qui veulent vraiment porter le badge », a encore dit le secrétaire d’Etat, invitant « à arrêter de se servir » des athlètes.

Le secrétaire général de RSF Robert Ménard a lui jugé sur Europe 1 l’interdiction « décevante et un peu affligeante ».

« Si le mouvement olympique ne veut rien faire, n’est pas capable du moindre courage par rapport aux autorités chinoises, il faut que les athlètes français en fassent preuve d’un peu plus » et portent le badge, a-t-il dit.

« Est-ce qu’on va capituler en rase campagne devant les exigences et le peu de courage du mouvement olympique ou est-ce qu’on va passer outre les décisions de M. Sérandour et du Comité international olympique ? », s’est-il interrogé.

Sollicité mardi matin par l’AFP, David Douillet, président de la Commission des athlètes au CNOSF, qui avait arboré le badge lors du relais de la flamme olympique le 7 avril à Paris, a fait savoir qu’il ne souhaitait pas réagir « pour le moment ».

Le double champion olympique de judo doit être reçu mardi (16h00) par Nicolas Sarkozy à l’Elysée, pour un rendez-vous qui figure à l’agenda présidentiel.

JO : Garder la flamme

Le parcours de la flamme olympique ressemble de plus en plus à un véritable parcours du combattant. Le – supposé – symbole de l’esprit olympique vacille à mesure que le périple progresse. Le passage de la flamme à Paris a  été chaotique, émaillé de nombreux incidents et d’interventions de manifestants au point qu’elle a piteusement fini son trajet en autobus pour rejoindre le stade Charléty. La flamme olympique est arrivée ce 8 avril à San Francisco, entourée de mesures de sécurité exceptionnelles, alors que les opposants au régime chinois promettent de continuer à perturber son périple.

Bref, ce parcours ressemble de plus en plus à une parodie des jeux olympiques qui va de paire avec la parodie des droits de l’homme que le régime chinois semble pratiquer.

 

Dessin de Kroll, paru dans Le Soir (Bruxelles)

Disparition de Roger Blachon

Roger Blachon s’est éteint cette semaine à l’âge de 66 ans. Dessinateur sportif, amoureux de rugby, il nous a permis pendant longtemps de refermer chaque samedi L’Equipe Magazine dans un éclat de rire ou avec un large sourire…

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Hu Jia suivra les Jeux en prison

Chine. Le pacifiste a été condamné à une peine de trois ans et demi pour subversion.

Sa notoriété internationale n’a pas protégé Hu Jia, le jeune militant pacifiste chinois. Pas plus que les appels à sa libération lancés par l’Union européenne et les Etats-Unis depuis son arrestation, le 27 décembre. Jugé en trois heures le 18 mars, il a été condamné hier à Pékin à trois ans et demi de prison, pour « tentative de subversion du pouvoir de l’Etat ».

A la sortie du tribunal, sa femme, Zeng Jinyan, exceptionnellement autorisée à quitter sa résidence surveillée, était en pleurs : « C’est injuste. Leur preuve, c’est qu’il a publié cinq articles sur Internet et donné des interviews à la presse étrangère ». Jusqu’à la veille de son arrestation, déjà prisonnier depuis deux cents jours dans son domicile gardé jour et nuit par des hommes en civil, Hu Jia a écrit.

« Iceberg ». Depuis plusieurs années, ce dissident de longue date de 34 ans appelait sans relâche son pays à respecter les promesses de 2001, dans l’euphorie de la candidature aux Jeux olympiques. Il rappelait les paroles de Liu Qi, l’organisateur des Jeux – « les JO favoriseront le développement des droits de l’homme » -, et les opposait à la répression qui s’intensifiait. Il fixait l’attention de l’Occident sur ses amis emprisonnés pour avoir dénoncé des inégalités. En septembre, il écrivait, à deux pas des policiers devant sa porte : « Si vous venez à Pékin pour les Jeux olympiques, vous verrez des gratte-ciel, de larges avenues, des installations sportives modernes et des habitants enthousiastes. Ce sera la réalité, mais seulement une partie, comme lorsqu’on regarde un iceberg… Vous ne savez peut-être pas que cet enthousiasme, ces sourires, cette harmonie et cette prospérité sont basés sur l’injustice, les larmes, la torture, l’emprisonnement et le sang… »

Aux journalistes, dont Libération, qui venaient lui rendre visite dans son appartement de Bobo Freedom City, sa résidence mal nommée, Hu Jia confiait sa foi bouddhiste et son espoir que « les JO se déroulent dans une Chine libre ». Et il disait, sachant au fond ce qui l’attendait : « La répression est de pire en pire car nous entrons dans la phase cruciale des Jeux. Ce qui leur importe, c’est de faire taire le petit peuple opprimé de Chine. Des milliers de gens sont déjà en prison, dans les hôpitaux psychiatriques ou les camps de travail. Cela a un lien direct avec les Jeux olympiques. »

Selon la fondation Dui Hua, une ONG basée à San Francisco, les arrestations politiques auraient atteint leur plus haut niveau depuis huit ans en Chine. 742 personnes auraient été arrêtées en 2006 pour subversion, le double de 2005. Dans un rapport publié le 2 avril, Amnesty International confirme : « La vague actuelle de répression se produit à cause des Jeux olympiques. »

Menace. Il y a dix jours, Yang Chunlin, ancien ouvrier de 52 ans, a été condamné à cinq ans de prison, lui aussi pour subversion. Il avait commis le crime, aux yeux de la loi chinoise, de publier sur Internet une lettre intitulée « Nous voulons des droits de l’homme, pas des JO. » 10 000 personnes avaient signé l’appel, pour la plupart des paysans expropriés illégalement dans le nord de la Chine. Yang Chunlin avait déjà été arrêté 4 fois en 2006 pour avoir aidé des paysans à réclamer des dédommagements. La Chine reste impassible. Elle sanctionne, continue de promettre l’impossible, et menace : « Quiconque a l’intention d’utiliser les JO pour mettre la pression sur la Chine se trompe », a récemment signalé une porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Le jour du procès de Hu Jia, le Premier ministre, Wen Jiabao, a promis une nouvelle fois que la Chine ratifierait la Convention internationale des droits civils et politiques (signée en 1998) « aussi vite que possible ». Il a aussi déclaré devant les caméras du monde entier : « Les soi-disant accusations selon lesquelles la Chine arrête les dissidents avant les JO sont fausses. »

Par Libération, P. Nivelle, le 4/04

JO : éclairer le monde sur le respect des Droits de l’Homme

Dario Castillejos, El Imparcial de México

Jeux Olympiques et Droits de l’Homme

Dessin de Schrank
paru dans The Independent on Sunday(Londres)

Faut-il boycotter les JO ? La question est aujourd’hui sur toutes les lèvres.

La réponse à mon sens est non. Plus encore, il m’apparaît que la question que la communauté internationale doit se poser est davatange : Comment l’Olympisme peut-il aider à résoudre des crises internationales majeures ?

Ces moments de respect, de fraternité, de communion des peuples que sont les jeux olympiques sont des révélateurs des crises internationales que connaît notre planète et doivent être un facteur de leur résolution.

La question tibétaine serait-elle si médiatisée aujourd’hui si les JO n’avaient pas lieu à Pékin dans quelques mois ? La communauté internationale aurait-elle ouvert les yeux sur la situation au Tibet sans cette Olympiade dans l’Empire du milieu ?

Non, certainement pas.

Alors oui, les JO doivent avoir lieu. Ils doivent avoir lieu parce qu’ils permettent la prise de conscience de l’importance du respect des droits de l’homme partout dans le monde. Ils doivent avoir lieu parce qu’ils peuvent être un facteur de la résolution de la situation délicate que connaît le Tibet aujourd’hui.

Là est la mission des sportifs et du sport en général. Révéler au grand jour les crises internationales et enclencher un début de résolution. La confusion entre sport et politique semble, une fois de plus, inévitable, mais là est un autre débat…

Si au moins le sport peut servir à cela…

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